Galops Passés

Cap Nord en duo

Balade dans le Quercy en trio

Faaker See au grand galop

Giro di Sicilia

Portugal via Santiago

Deux Harley Davidson à 3117 m

Faaker See "Le retour"

Les petits cols pyrénéens

Gorges Profondes

Crazy Run Pyrénéen

Back in Sierra Nevada

Pizza, chianti e belle ragazze
en Toscane

Coooooool Run Pyrénéen

Retrouvailles à Albufeira

Pata négra à gogo dans
la sierra Pelada

Balade en Pyrénées avec la Secrétaria
et Lolo de Béhèmm

2 Motos et 1000 vaches

Les Moto-Machos au Portugal via St Jacques de Compostelle
18 mai au 25 mai 2012

Les vaillants Moto-Machos
Ne craignent jamais l'eau
Quand Zeus fait pleuvoir
Mais pas question d'en boire

Cette petite introduction donne le ton de ce raid, qui commença sous des augures particulièrement humides, car le Pays Basque, les Asturies, la Cantabrie  et la Galice ne sont pas verts pour rien. Mais la foi et la détermination ne nous quittèrent jamais et le soleil illumina enfin notre chevauchée.
Pour ce run, comme en Sicile, les vaillants Moto-Machos furent accompagnés de Neuronette, qui refusa le  maroquin du budget et des finances, mais accepta celui de la culture. Grâce à elle,  munie de la bible du routard psalmodiée lors des  repas, le niveau culturel de ce voyage put atteindre un niveau acceptable.


7 jours de route, 3 jours de pluie, 3700 Kms


18 mai : de Bx à Santillana del Mar (Santander) et au Parador bien sûr
Départ de bon matin par temps frais à 8h30, mais sans pluie. Cap sud bien sûr, sur cette “ 4 voies ” dite route des Landes et aussi des Portugais, dont la gratuité sera bientôt abolie, car vendue à Vinci.
Une étape à Hondarribia (ou Fontarabie en français) vers 11h30 au Pays Basque espagnol pour quelques tapas typiques (pulpo a la gallega et chipirones) avec une petite mousse. Confucius hérite, non sans mérite, du poste de trésorier de la caisse commune pour payer les nourritures solides et aussi liquides. Le temps se noircit et le Pays Basque ne faillit point à sa réputation avec une belle pluie qui nous accompagne jusqu’à Castro Urdiales, vieille ville typique avec son port située aux confins du Pays Basque et de la Cantabrie. Le déjeuner sera décevant avec la paella au riz bouilli et collé du Meson Marinero. Certes, ce fut une belle connerie que de choisir ce plat, même si proposé par le chef, car c’est comme prendre une choucroute en Bretagne ! Quant au prix, mieux vaut ne pas en parler.  Même les Moto-Machos se font "pigeonner" parfois.
La bonne nouvelle est que la pluie s’est arrêtée même si le ciel est plutôt gris et arrivée au Parador de Santillana del Mar vers 17h30 avec 495 km au compteur.


Santillana est une vieille ville de type moyenâgeux avec une forte connotation  " sexuelle " ! Eh oui, pour ceux qui ont des problèmes de performance, on y trouve un ancêtre du Viagra, une pâtisserie de recette antique intitulée “ orgasmo ” à base de liqueur d’eau de vie et de fruits rouges vantée pour ses vertus aphrodisiaques ainsi qu’une autre recette en relation avec les organes géniteurs du diable (“ cojones ” del Antecristo). Le tout est couronné par un alcool local tout simplement appelé “ hijo de puta ”, terme que tout le monde aura compris.


Puis direction la Collégiale de style roman qui a pour voisine une grande maison de maître, dont les façades sont ornées de sortes de quilles à col roulé ! Enfin chacun aura deviné que, dans cette demeure, on a largement usé, voire abusé de toutes les pâtisseries et de la boisson mentionnées précédemment, et en bonne compagnie.
La soirée se termine avec un bon dîner, arrosé d’un rioja tinto de la maison Muga (Haro) mais la météo du lendemain.s’annonce peu optimiste.  

 

 

 

19 mai : de Santillana à Santiago de Compostelle au Parador bien sûr.

Départ vers 9h30 sous la pluie, qui nous accompagne pratiquement pendant toute la journée. Petit détour à San Vicente de la Barquera avec sa plage, sa ria …. et sa pluie ! Quelques photos, réparation de la fixation de la visière du casque modulable de Neuronette, puis on reprend la route sur une autovia (route à 2x2 voies sans péage) qui longe la côte. Un peu après Gijon (que nous contournons), le petit port typique de Cudillero, enchâssé dans la côte rocheuse, nous accueille sous un rayon de soleil pour un déjeuner normal sans trop de caractère, mais qui, à €14, a le mérite d’être léger financièrement.



C'est pas demain qu'on pourra prendre une photo de de la "Deuce" de Julius dans les poubelles,  waf waf waf

Quelques bonnes giboulées nous rappellent que nous sommes en Galice et St Jacques de Compostelle est rallié vers 18h et après 482 km. Les chambres du Parador de los Reyes Catolicos sont vastes et nos montures bénéficient d'un garage gratuit au titre de notre appartenance à la confrérie Amigos de Paradores. Visite de la vieille ville, qui vieillit bien mal. Pour les curieux et/ou pieux, vers 19h à la cathédrale, il y a la fameuse cérémonie de l’encensoir (après la messe des pèlerins) dont l’origine remonte aux premiers pèlerinages et qui servait à enlever ou plutôt à masquer les odeurs de sueurs et calendos des pèlerins. Mais les Moto-Machos sont propres ! Et donc nous sècherons cet épisode catholique. Enfin, dîner dans une gargote indiquée par un ami de Julius et bien sympa (la gargote, ainsi que l’ami d’ailleurs) à tous points de vue, dont des rations généreuses pour pèlerins affamés.


La cathérale (baroque) de Santiago de Compostela et trois pélerins


20 mai : de Santiago de Compostelle à Porto, via les Rias Baixas (Arosa, Pontevedra et Vigo)

Avant le départ, petit déjeuner au Parador avec, comme d’habitude dans ces établissements, saumon fumé, cochonnailles ibériques, tortillas, …. mais surtout à ce parador caviar à volonté, qu’on se le dise ! Au départ, nous en profitons pour la photo des bikers pèlerins avec leur monture devant l’entrée principale de la cathédrale. La place de l'Oratoire est normalement interdite à la circulation mais il semble que Dieu aime les bikers car la Policia Local sommeille encore et aucun passant ne s'en est offusqué.

Temps moyen, mais les prévisions sont plutôt pessimistes. Nous filons vers la Ria de Arosa via Padron, Vilagarcia de Arosa, petit port sympa mais humide, puis Cambados et sa vieille ville, qui voit le système de fermeture à clé d’une sacoche du RK de San Bernardo se désagréger, Sanxenxo et sa magnifique plage ; la route est sinueuse et les paysages sont magnifiques.
Direction Pontevedra et Vigo, mais la carte du Tomtom de San Bernardo n’est pas de la dernière pluie (qui, elle, est bien récente) et on se paume.  Julius, grand navigateur et qui a investi dans la dernière version de carte sauve la situation et déjeuner à Baiona sous un soleil réconfortant, face à la plage et près de la forteresse dans une gargote normale avec belles rations et prix légers. Après La Guarda, c’est le Portugal par Vila Praia de Ancora (sa plage et son spot de surf et kite-surf), puis Viana de Castelo et enfin, à 18h30 et après 398 km, Porto à l’hôtel Seculo, bien sous tous rapports dont son garage et sa relative proximité au centre-ville. A noter le décalage horaire d’une heure entre Espagne/France et Portugal et il est donc 17h30, heure locale. Neuronette en profite pour un marathon culturel églises-monuments. San Bernardo assisté de Confucius répare le système de fermeture de la sacoche de son RK, dont heureusement tous les éléments avaient pu être récupérés lors de leur chute sur la Plaza Mayor de Cambados.


      Azulejos de la gare de Porto                                                                                     Port de Porto                                  

C’est dimanche soir et tous les restaurants populaires sont fermés. Donc nous nous rabattons sur la zone touristique, le long du Douro avec vue sur le fameux pont de type Eiffel. Resto type nouvelle cuisine, mais la morue est trop salée à notre goût, comme la note ; c’est d’ailleurs une constante au moins en ce qui concerne la morue, car elle sera toujours trop salée pour nous, mais ceci doit sûrement correspondre au goût des Portugais.


21 mai : de Porto à Lisbonne via Regua,  la route des vins de Porto

Départ de Porto à 8h, car l’étape sera longue. Nous commençons par la route des vins du même nom au milieu des Quintas (les “ châteaux ” lusitaniens du porto) dans la vallée du Douro. Route étroite qui serpente, monte et descend, un vrai plaisir et l’occasion d’user les flancs des pneus ; c’est un festival de virolos pendant plus de deux heures !
Après Regua, cap sur Peinha avec la visite de la Quinta do Tedo, petit domaine traditionnel qui pratique encore le foulage manuel, ou plus exactement pédestre, du raisin. Les touristes de passage à l’époque de la récolte sont même invités à y participer, après lavage et désinfection des pieds ! Ceci est unique, car les grandes maisons de porto ne peuvent, au vu des quantités, faire du foulage. De fait, cette quinta qui, auparavant, vendait sa récolte de raisin, a modifié radicalement sa politique commerciale suite à son rachat par les bourguignons Bouchard Père & Fils. Elle produit maintenant son propre Porto (très haut de gamme) et pratique la vente directe au consommateur sans aucun intermédiaire, lequel consommateur pourra se vanter plus tard auprès de ses amis de déguster son porto Quinta Do Tedo foulé par lui-même. Après la visite guidée par le très francophone et sympathique Carlos, dégustation de vins rouges et de portos tawny, vintage et LBV (late bottled vintage). Nous achetons quelques bouteilles qui seront livrées chez Confucius gratuitement grâce à cette commande groupée.

L’intéressant dans la fabrication du porto est que, pour faire simple : Porto = 75% de jus de raisin (avec jusqu’à 28 cépages différents) non fermenté + 25% d’alcool de raisin (acheté en France). Ensuite le Porto vieillit d'abord en barriques de différentes tailles puis en bouteille. Paradoxalement,  plus le temps en barrique est long, moins le porto est cher et moins longtemps il se garde. Les barriques sont issues du recyclage de barriques en chêne utilisées pour les vins rouges. Ensuite, après quelques décennies pour le Porto, ces barriques iront terminer leur vie dans une distillerie de whisky écossais, soit quelque 120 ans d’utilisation. Tiens une idée, il faudra aller vérifier et… déguster…on the road again in Scotland!

Il commence à faire tard et nous filons vers Viseu avec un excellent déjeuner typique populaire portugais (c'est-à-dire moyen mais pas cher). Cap sur Lisbonne et nous découvrons les autoroutes à péage électronique. En effet nous passons sous des portiques truffés de caméras et autres instruments, avec des panneaux affichant des tarifs selon les types de véhicules, mais point de barrière pour payer? Nous poursuivons et lors d’un arrêt-carburant, la bible du routard nous renseigne sur ce système mis en place sur des autoroutes initialement gratuites et donc sans infrastructures de péage. Pour les emprunter, il faudrait acheter un équipement du type du LiberT français et le charger d’un certain crédit, qui est débité à chaque passage sous lesdits portiques… Nous décidons de ne pas investiguer plus et de faire les idiots au cas où les flics locaux nous arraisonnent, ce qui n’arrivera pas. Au retour, après investigation sur internet, il s’avère que les informations du routard sont incomplètes car, pour les véhicules immatriculés hors du Portugal, on peut acheter une vignette prépayée pour 3 jours. Cette vignette permet un nombre de passages illimités sur les voies à péage électronique mais est limitée à une acquisition de six titres par an et par immatriculation. On peut se la procurer dans les bureaux de poste (Estações de Correio), magasins du réseau Payshop, aéroport de Porto et sur internet http://www.estradas.pt/portagensestrangeiros au prix de 20 euros (frais administratifs non compris dans le cas d’acquisition sur internet).

 

En chemin et comme nous sommes en avance sur le road book, nous décidons de passer par le sanctuaire de Fatima, ce qui est normal après St Jacques de Compostelle. Cependant, l’accès au parvis du sanctuaire se révèle impossible pour nos motos, donc nous ne pourrons répéter la photo comme à St Jacques de Compostelle.  Un miracle n'étant jamais exclu, surtout dans ce lieu saint, Julius allume un cierge pour la santé de ses oreilles (il a laissé une bonne part de son audition dans les avions de combat) et San Bernardo prie pour la météo. Le futur proche montrera que le vœu de San Bernardo fut exaucé. Quant à Confucius dont la foi est vacillante, il préfère surveiller les montures afin qu’aucun intrus ne soit pris de funestes intentions.

Arrivée à Lisbonne à l’hôtel Almirante vers 20h30 (19h30 Portugal) et 501 km. Accueil à peine poli, chambres sans chaises, sdb de Neuronette et Julius envahie de moisissures et colonisée par une armada de moustiques, wifi intermittent, mais pas cher au vu de sa situation géographique à proximité du centre-ville. Et de plus, heureusement, un garage est disponible pour nos montures.
Nous trouvons un restaurant ouvert en cherchant un autre indiqué par la bible du routard, mais fermé. Comme d’habitude, la morue est trop salée, mais le porc à l’alentejana est succulent ; il s’agit de morceaux d’échine de porc avec coques, praires ou palourdes, oignons, patates, huile d’olive, ail et coriandre le tout mijoté dans une cataplana, sorte de marmite de cuivre (http://www.portugalmania.com/gastronomie/porc-alentejana.htm).
Le lendemain, le programme est de type culturel, pour notre ministre de la culture, notre très chère Neuronette, enfin chère en terme sentimental, car plutôt pas chère en maintenance au vu de son ADN d’auvergnate !


22 mai : Lisbonne
Le petit déjeuner permet d’identifier une autre tare de cet hôtel : les places au petit déjeuner sont insuffisantes et comme il y a un groupe de quelque 40 français, alors on patiente  …
Le ciel est bleu et la journée s’annonce belle, voire chaude. Neuronette et Julius s’en vont pour leur journée culturelle marathon alors que Confucius et San Bernardo vont visiter la concession HD à quelques encablures de l’hôtel et sans grand intérêt finalement.

 
Tombe de Vasco de Gama
 

 

Puis balade touristique notamment dans le Lisbonne moderne, remarquable dans son architecture moderne et mis en valeur avec ses allées arborées, agréable mariage entre nature et design contemporain. Déjeuner dans une gargote touristique près de la Place de Figueira, au centre du vieux Lisbonne, d’ailleurs pas si vieux que cela car le tremblement de terre du 1er novembre 1755 suivi d’un incendie monstre a pratiquement tout détruit et il ne reste que quelques rares ruines témoins de cet évènement. Puis, Julius nous rejoint et c’est le tour de Lisbonne en vieux tram. La jeune Ana qui vend les tickets n'est pas très farouche, accepte une pose avec San Bernardo ainsi qu’une carte de visite Moto Macho de San Bernardo.

Pour le dîner, c’est frango (poulet) au gril dans un petit troquet proche de l’hôtel : simple, abondant et succulent.

 

23 mai : de Lisbonne à Albufeira par la côte
Départ comme d’habitude vers 9h, c'est-à-dire 8h au Portugal pour l’Algarve. A peine parti, voici qu’un voyant rouge sur l’Electra de Confucius l’intrigue. Ce n’est pas la pression d’huile et après consultation du manuel, cela viendrait de la centrale Smart (est-elle aussi smart que cela ?) qui gère alarmes et indicateurs de direction et de fait nous constatons que les clignotants de droite ne fonctionnent pas. Des changements d’ampoules n’y font rien et on décide de continuer ainsi car c’est probablement une panne au niveau de la centrale. Décidément, plus il y a d’électronique, moins c’est réparable en route et pas sûr que ce soit réellement plus fiable !
Après la sortie de Lisbonne, (où le GPS de San Bernardo nous a encore menés en bateau, un comble pour des bikers, mais après tout San Bernardo est aussi un marin chevronné), direction Sines, Odemira et comme le temps se met au chaud, nous tombons les cuirs et gardons notre jacket sur notre chemise Kariban (collection de vêtements Moto Macho). La route touristique et sinueuse nous mène à Santa Clara avec son église blanche et sa pousada (équivalent des paradors espagnols au Portugal).

 

Rassasiés à bon compte dans un restaurant local, nous repartons par une forte chaleur, via Monchique, Aljezur et Carapeteria vers le Cap St Vincent, équivalent du Finisterre pour le Portugal. Le vent souffle fort sur cette pointe avec ses falaises de plus de 40 mètres et sur laquelle ont été construits un phare et un monastère. Quelques photos en souvenir de cette courte halte à l’extrémité sud-ouest de l'Europe. Nous passons près de Sagres et de sa forteresse, puis un peu d’autoroute à péage électronique et donc gratuite, puis enfin arrivée vers 19h30 avec 475 km à l’hôtel Vila Sao Vicente d’Albufeira, étape parfaite avec garage pour les montures et piscine pour les vaillants, après cette journée de chaleur.

les "moto machos" au coin sud-ouest de l'Europe

 

Albufeira est une petite ville typique avec ses maisons blanches accrochées sur la côte escarpée et dotée d’une longue plage de sable jaune. Neuronette va tester l’eau de mer, mais les trois  compagnons préfèrent l’eau de la piscine. Cet épisode rafraichissant est suivi d’un autre, c’est-à-dire le cocktail maison, offert par Confucius pour avoir apparemment égaré une énième fois sa carte bleue, en fait blottie au fond de sa poche et donc retardé le groupe. Ensuite, dîner dans une taverne locale et touristique avec des excellents T-bone steaks, le tout fort bien arrosé d’un vin local, moyen mais très buvable selon Confucius, et conclu avec un porto offert par la maison grâce à la présence ostentatoire de notre bible du routard. Heureusement nous regagnons l'hôtel à pied, mais pas en toujours en ligne droite.


24 mai : de Albufeira à ?? …. et ce sera Tordesillas
Première étape du retour : faire un maximum de km et à ce titre, pas de réservation d’hôtel la veille. Pour les non-initiés, le système de voyage Moto Macho consiste à préparer l’étape du jour J+1 au soir du jour J tant en termes de roadbook que de réservation de l’hôtel d’étape. Julius, qui a chiadé le parcours, propose passer par Evora pour une visite rapide de cette fameuse ville, puis cap à l’est vers Badajoz et étape dans un des nombreux paradores qui sont situés sur cet axe lorsque la fatigue nous aura rattrapés. Nous ne devrions pas avoir de problèmes de place, car nous sommes hors saison en mai et en semaine.

Départ assez tôt, vers 8h30 France donc 7h30 Portugal, car cette étape doit être longue vers Evora par Beja. Il fait grand beau et donc nous tombons le cuir. Evora, ville antique fortifiée avec les ruines d’un temple de Diane, la place de Giraldo, sa fontaine Mauresque et la cathédrale, témoignage de toutes les civilisations depuis l’antiquité romaine, puis l’occupation maure (les noms commençant par Al tels qu’Albufeira ou Aljezur au Portugal ou Albacete ou Alhambra en Espagne en sont la marque) et enfin résidence royale avec son apogée au XVIème siècle, dont une université jésuite. Nous pouvons distinguer plusieurs forteresses avec leurs remparts et créneaux le long de la route aux alentours d’Evora dans cette région de l’Alentejo Central.
Nous quittons le Portugal, sans avoir été pris en défaut de paiement de péage électronique d’autoroute, pour Badajoz en Espagne. Déjeuner dans une auberge de chasseurs de sangliers à la Roca de la Sierra sous la surveillance de leurs trophées imposants.

Lors d’un ravitaillement après de Caceres, alors que Neuronette nous fait part de quelques louvoiements de sa monture dans les virages sans toutefois susciter l’intérêt du groupe et ni même de Julius l’élu de son cœur, San Bernardo note que le pneu arrière du Sporster de Neuronette semble aplati. “Damned ! le, le pneu est crevé ! Julius en retire un énorme clou et avanti les kits de réparation : la bombe anti-crevaison est totalement inefficace car le trou est trop gros : toute la mousse sort du trou et fait un gros tas sur le sol comme de la crème chantilly. Julius sort alors son kit de réparation par mèches et après quelques difficultés réussit à en mettre une : le pneu tient la pression et nous repartons à moindre allure. Après 25 km, vérification dans une station-service et tout semble OK. Mais 30 km plus tard près de Béjar, la mèche est éjectée (en fait il est recommandé d’enduire le trou d'une colle spéciale et d'autre part il faut faire un quart de tour pour vriller la mèche dans le pneu ce que Julius ne savait pas). C’est alors que la chance vient à notre aide : un atelier de réparation de pneus est en vue. Le patron ne peut rien faire car il ne pratique que les interventions par l’intérieur des pneus, mais il nous indique un autre atelier à 50 mètres qui serait peut-être à même de nous dépanner. Le jeune mécano espagnol connaît bien le sujet, car il a des copains motards. Mèche installée  de main de maître (avec quart de tour cette fois-ci) et après un court temps de prise, mise en pression et vérification : tout est OK. De fait, Neuronette fera presque 1 000 km avec cette réparation, qui n’est pas strictement légale, car réservée au domaine privé (cross, etc).   De surcroît une telle réparation impose une vitesse modérée. Une autre leçon, que  San Bernardo avait déjà constatée lors d’une crevaison du pneu avant de son RK, est que l’on peut rouler sans problème à moindre vitesse, surtout en ligne droite, avec un pneu à plat. Les armatures semblent assez résistantes pour ne pas s’avachir, si le pneu n’est pas déchiré bien sûr !

Arrivée au Parador de Tordesillas vers 19h30 et après 711 km. Bon bain dans la piscine pendant que les motos se reposent au garage. Pour le dîner, superbe presa de iberico, c'est-à-dire filet mignon de pata negra, le cochon typique aux cornes de pattes noires et nourri aux glands des chênes de ces régions sud-ouest de l’Espagne, accompagné d’un vin rouge AOC Ribera del Duero. C’est le repos du guerrier !

 

25 mai : deTordesillas à Bordeaux
Petit déjeuner avec toutes les cochonnailles de pata negra telles que jambon, chorizo, lomo, saucisson, etc... un régal ! Et pour la dernière étape, ce sera le beau temps avec arrêt-déjeuner à Hondarribia chez Zeria sur la grande avenue du centre-ville. Fruits de mer et pimientos de piquillos sont très appréciés.

     
photos mal cadrées car prises en roulant

Vers 18h après 646 km, soit un total de 3 708 km selon l’odomètre du RK de San Bernardo,
c’est la fin de ce run au Portugal, avec un peu de nostalgie, …. enfin jusqu’au prochain run.

 

Quelques photos en vrac

           

 

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3117 mètres d'altitude en Harley-Davidson
“On the highest European Road”

 

Les Moto Machos au pied du Cerro de los Machos

Où se situe la plus haute route goudronnée en Europe ?
Dans les Alpes pensez-vous ? Mais où exactement ? En France, en Suisse, en Italie ?

Non, tout faux! La plus haute route d'Europe se trouve en Espagne, près de Grenade, en Andalousie. Elle traverse la Sierra Nevada du nord au sud et passe à 3300 mètres d'altitude au pied du Pico Veleta, qui lui culmine à 3396 mètres alors que le col de la Bonnette, ne passe qu'à 2715 mètres, avec une petite route qui monte à 2802 mètres pour faire le tour de la cime de la Bonnette ce qui en fait la plus haute route goudronnée des Alpes.

Mais il y a deux problèmes. D'abord cette route est située au milieu du Parc Naturel National de la Sierra Nevada et de ce fait est totalement interdite à la circulation des véhicules à moteur à partir de 2500 m.

Ensuite, étant fermée, elle n'est pas très bien entretenue, car destinée seulement aux véhicules des gardes du Parc et à ceux peu nombreux des équipes scientifiques qui étudient la nature dans cet environnement désertique, battu par les vents, le froid et le soleil.  Alors comment faire ?

La première idée de San Bernardo fut de lancer une étude comparative sur la sexualité des mouches vertes entre la Laponie et la Sierra Nevada, sujet fondamental dont la pertinence n’aura échappé à personne, prétexte pour avoir l’accès à cette route. Hélas, les quelques scientifiques espagnols contactés refusèrent catégoriquement de valider cette démarche. Il est vrai qu'ils sont plutôt de tendance rose-vert et de plus, allergiques au V-Twin !

Mais San Bernardo qui ne s'appelle pas ainsi pour rien s'est alors adressé en haut lieu, en très haut lieu même!  Directement à Dieu, de fait pas tout à fait à Dieu lui-même mais à la Vierge Marie. En effet, une fois par an et pour quelques heures seulement, cette route est ouverte dans la nuit du 4 au 5 août afin de permettre aux pèlerins handicapés de monter en véhicule pour atteindre un promontoire doté d’un autel rustique à l'occasion de la procession pour le pèlerinage de la Vierge des Neiges (pèlerinage dont ce fut la centième édition en cette année 2012). Des contacts sont pris en 2011, bien entendu dans la langue de Cervantes, avec la Direction du Parc Naturel National, concessionnaire temporel de ce lieu spirituel, afin d’avoir le précieux sésame.

Nous, les Motos Machos, nous ne sommes pas très pratiquants et serions plutôt même de grands pécheurs devant l'éternel mais nous ne sommes pas totalement mécréants et nous nous sommes dit qu'un petit pèlerinage ne pourrait pas nous faire de mal (1).

Nous avons effectué le trajet Bordeaux-Grenade (1200 km) en deux jours avec une météo idéale. Le vendredi 3 août en milieu d'après midi nous sommes donc à Monachil (banlieue de Grenade) et comme il est tôt nous décidons d'aller reconnaitre les lieux sur la partie ouverte de la route. En fait cette route dessert la fameuse station de ski de Sierra Nevada et est en parfait état. Après 1200 km d'autoroute, nous nous défoulons en enchaînant à allure soutenue la centaine de virages de cette magnifique route, quasi déserte, sur 40 km. Un peu au-dessus de la station, très fréquentée par les amateurs de VTT en cette saison, nous trouvons d'abord deux panneaux de sens interdit que nous ignorons superbement et 100 mètres plus loin le poste de garde et la barrière, dite de la Hoya de la Moja, fermée à clé.

Sur un panneau d'affichage, un document nous confirme que la barrière sera ouverte de 21h le samedi 4 août jusqu’à 8h le dimanche 5 pour la procession de la Vierge des Neiges. La lecture des gazettes locales nous apprend aussi que les mouvements écologistes, dont le groupe écolo à La Junta de Andalousie (parlement régional), veulent supprimer cet accès au nom de la préservation de l’environnement mais dans le cadre du consensus politico-religieux de la très Sainte Espagne, des horaires d’accès sont encore consentis, mais de plus en plus limités.

21h ! Tabernacle ! comme disent les Québécois, on va donc monter au crépuscule et surtout on va redescendre de nuit sur une route dont on sait qu'elle est en bien mauvais état par endroit. Mais bon nous n'avons pas le choix. L'avantage c'est qu'on a toute la journée de samedi pour rouler dans la Sierra Nevada.


Julius et San Bernardo dans la Sierra Nevada

Jour J

Le matin, superbe balade d'une centaine de kilomètres en chemisette dans la Sierra Nevada. Tout le monde le sait déjà, l'Andalousie est un paradis pour la moto, soleil perpétuel, beaucoup de petites routes de montagne en très bon état et paysages magnifiques. Seule condition : aimer rouler dans le très chaud, car nous avons eu jusqu'à 45°. Quand tu doubles un camion, tu crois entrer dans un four à chaleur pulsée.

Ensuite sieste, en Andalousie c'est obligatoire, puis piscine pour se réveiller et vers 18h30 nouvelle ascension vers la station de ski. Au passage du panneau 2500 mètres nous nous arrêtons pour une photo et surtout pour calibrer l'altimètre de San Bernardo.

 

Cet altimètre nous servira pour connaître l'altitude exacte pour la suite de la montée. Nous arrivons à la station vers 19h15. Il y a là plusieurs véhicules et 4 autres motos (routières japonaises) qui, visiblement, sont dans le même trip que nous, ces motards n'ont en rien une allure de pèlerins. Il reste 1h 45 avant l'ouverture de la barrière. Notre intention est de monter le plus haut possible mais nous savons déjà que les gardes du Parc National nous arrêteront un peu après un endroit dénommé "Posiciones del Veleta".

Nous tuons le temps comme nous pouvons, nous parlons peu, le soleil se couche doucement, nous ne connaissons pas l'état exact de la route qui nous attend. En fait nous nous concentrons et nous préparons mentalement comme pour une épreuve sportive. Vers 20h30, 2 motards de la Guardia Civil se positionnent à la barrière en sus des gardes du Parc. Y aurait-il un contrôle quelconque ? Eh non, la Guardia Civil repart un quart d’heure plus tard.

Le récit de la montée par Julius.

A 20h50, la barrière s'ouvre et un convoi de quelques voitures commence à monter derrière le 4x4 des gardes du Parc National. Nous attendons quelques minutes pour ne pas rouler au milieu des bagnoles. Je prends une photo de San Bernardo qui franchit la barrière juste devant moi et c'est parti, le Tomtom indique 8 km.

Au début c'est du gâteau, de nombreuse ornières mais rien de méchant. Les épingles à cheveux sont très serrées et pas de rail de sécurité. Si tu rates un virage c'est le ravin direct, mais nous montons très paisibles et en toute sécurité. Merde, j'ai raté la photo du monument de la Vierge des Neiges, tant pis, j'en trouverais une sur internet. Ah, voilà déja le panneau 2750 mètres.

 

Au détour d'un virage à 180° plus de route, enfin la route est là mais plus de bitume du tout, que des cailloux. Je ne crains pas la chute car la pente est douce et sans dévers mais je me dis que ce ne serait pas le moment de déchirer un pneu.
Je dépasse SB pour m'arrêter et prendre des photos du Roadking dans les cailloux. Plus que 5 km. Si la route se dégrade encore ça va commencer à devenir coton. Mais les 4 japonaises sont devant, et si elles sont passées, on passera aussi!

La route redevient bonne sur environ 2 km, visiblement récemment réparée, puis nous passons en haut d'une arrivée de télécabine avec un grand plan des pistes. Ça me fait drôle, d'habitude quand je vois ce genre de plan je suis à ski et pas à moto. Je guette le panneau 3000, mais soit il n'y en a pas soit je l'ai raté.

La route reste praticable, alternance de bon et de détruit et puis nous voyons quelques voitures garées sur une sorte de petite esplanade. On est au lieu-dit  "Posiciones del Veleta", mais on peut encore monter alors pas question de s'arrêter !

Encore un virage et j'aperçois le 4x4 des gardes et une chaîne qui barre la route, car ensuite c’est plutôt de la piste. Les 4 japonaises sont stationnées sur la droite, je me déporte à gauche et m'arrête au ras de la chaine, donc 1 mètre plus haut que les moulins à riz, non mais alors !

San Bernardo vient se garer juste à côté, je descends de ma vaillante monture, nous nous serrons la main et je salue les 4 motards espagnols.

 

Quelques photos aimablement prise par le garde. Puis nous pensons à vérifier la position exacte et l'altitude atteinte. Le GPS indique Nord 37°03' 52" - Ouest 3° 22' 11"  et l'altimètre de SB indique 3117 mètres. (2)

 

We did it, le col de la Bonnette est enfoncé, écrasé, aplati!
Le Roadking de San Bernardo et mon Softail Deuce sont les Harley les plus hautes d'Europe (3).

Le plan de situation situé près de cet endroit nous informe que nous sommes bien au pied du Pico Veleta, mais aussi près du Cerro de los Machos, quoi de plus naturel pour deux Moto Machos !

 

Epilogue

Il fait déjà nuit quand nous décidons de redescendre vers 21h30, la descente se passe sans difficultés, les 3 phares du Roadking éclairant bien la route. On croise un énorme camping-car tanguant et roulant comme un chalutier par forte mer sur cette portion de route défoncée, mais on est du côté paroi et lui du côté ravin, ouf ! Il est à peu près 22h quand nous repassons la barrière. A partir de ce moment nous ne sommes plus des "pèlerins" et nous ouvrons une demi-bouteille de champagne. Il est tiède mais il a le goût de l’aventure et de l'amitié.

 Lors de la redescente sur Grenade, la route est déserte, nous roulons de front, un sur chaque voie, sur une dizaine de km en enchaînant les virages en patrouille serrée avec nos 4 phares qui éclairent la route. Une sorte de slalom parallèle, parfaitement synchronisé et cadencé par les klonks caractéristiques de nos Harleys, témoignages sonores de nos changements de vitesse. Parfois la moto est un sport de glisse! Un grand moment entre frères de route.

Un run de plus à ajouter à notre tableau de défis originaux, tels que le Cul Tanné 1515 réalisé en 2010.

Julius et San Bernardo

 

(1) Nous tenons à préciser que nous avons veillé à ce que notre présence et notre comportement ne troublent jamais la solennité de l'événement. En fait nous sommes montés et redescendus bien avant la procession et au milieu de touristes qui, comme nous, profitaient de l'aubaine. Le "vrai" pèlerinage avec la procession commençe vers 5 heures du matin le dimanche 05 août suivi de la messe au lever du soleil.

(2) Au retour le contrôle avec Google Earth confirmera l'altitude de 3117 au mètre près.

(3) Enfin, à notre connaissance et jusqu'à preuve du contraire.

 

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Moto Macho, le retour à Faaker See via les lacs italiens
puis, pour rentrer à Bordeaux, la Bavière et la Forêt Noire.
Du vendredi 31 août 2012 au mardi 11 septembre 2012.

J1 : de Bordeaux à Aoste


Départ de Bordeaux, assez tôt le matin et avec l’espoir de beau temps pour cette grande étape “ cirage d’autoroute ” qui doit nous amener en Italie dans la région du bon jambon et où on parle encore gaulois !
En théorie, ce genre de trajet est le royaume des Electra, Roadglide et autres tourings avec leurs selles super-confort et ziques endiablées à donf les décibels. Mais la réalité en décide autrement et dés Brive-la-Gaillarde, la pluie commence et augmente au fur et à mesure que nous filons vers l’Est avec, comme apogée, de la grêle à Lyon!
Heureusement de l’autre côté du tunnel du Mont-Blanc, le Val d’Aoste et l’hôtel Miage nous accueillent au sec vers 18h30 après 880 km au compteur. Nos motos auront l’honneur de passer la nuit sous le grand auvent d’entrée de l’hôtel.


J2 : de Aoste à Iséo via Orta, Lac Majeur et Côme


Après un bon dîner et un sommeil réparateur, cette étape, avec route de montagne et virolos à souhait (ce qui est un des objectifs de cet itinéraire) nous amène vers la région des lacs italiens, plus précisément en commençant par celui d’Orta, peu connu et qui gagne à l’être. Petit et peu fréquenté, il est encore dans son jus sans trop de touristes et la vieille ville d’Orta est d’ailleurs bien vieille et parfois sale. L’humidité est bien présente avec un peu de pluie de temps en temps, mais rien de grave. Notre itinéraire vers le Lac Majeur nous amène à Mottarone (station de ski un peu dégradée), puis au bord du Lac Majeur par les petites routes de montagne avec leur succession de virages, mais les indications des cartes incohérentes avec celles de nos GPS et des panneaux d’indications nous font perdre un peu de temps. La rive ouest du Lac Majeur, avec le soleil en prime, de Stresa à Verbania nous montre une succession de palaces et résidences du plus haut standing ! Il y aurait donc encore des riches en Italie ! Après un bon déjeuner sur une terrasse couverte en bord de lac car le vent est néanmoins assez fort et c’est le ferry, du nom de Bernardino, pour passer de sur la rive orientale du Lac Majeur à Laveno.


Lac d'Orta

Ferry "San Bernardino"


lac Majeur


Lac Majeur


Cap sur Varèse et Côme, mais il y a une dislocation du trio et nous perdons un temps précieux à nous retrouver au bord du Lac de Côme, ce qui, ajouté au temps perdu de ce matin, nous incite à faire un court parcours jusqu’à Pognana sur le Lac de Côme, puis filer droit sur Iséo où nous attendent Alain et Bertrand (1). Alors que la nuit commence à tomber et que la pluie violente se met de la partie, nous arrivons un peu après 20h après seulement 420 km parcourus mais plus de 11 heures depuis le départ de ce matin dont 8 heures de cul tanné, mais rien de grave pour nous trois, car Chevaliers du Cul Tanné 1515 ! Les retrouvailles avec Alain et Bertrand sont chaudes et bien arrosées comme il se doit, en commençant par un apéritif organisé dans le hall de l’hôtel.
(1) Alain, grand disciple de St Vincent, patron des vignerons, et adorateur de Bacchus, dieu de vin et qui se révèlera Road Captain très spécial, ce qui lui vaudra le surnom de Road Captain 250 mètres ou Captain 250. Quant à Bertrand, depuis notre dernière rencontre, il est devenu fondateur et Président du chapter “ The Droles ” de Dordogne.


J3 : de Iséo à Faaker See par le Lac de Garde et Cortina d’Ampezzo


Cap sur le Lac de Garde et sa rive ouest sous un soleil radieux via Riva Gardone et l’extrémité nord du lac à Riva de Garda. C’est un délice, néanmoins atténué par la circulation importante du dimanche, ce qui nous empêche de virevolter sur ces routes sinueuses. Nous découvrons aussi les tracasseries du processus de plein dans les stations services italiennes qui, le dimanche, sont en mode automatique et n’acceptent que le cash en billet sans rendre la monnaie et à un prix au litre de l'ordre de 2 euros !


Lac de Garde, de gauche à droite : Confucius - San Bernardo - Captain 250 - Bertrand - Julius

Puis Bolzano, ville éponyme de Bernard Placidus Johann Nepomuk Bolzano (encore un grand Bernard, décidément ce prénom incite à la célébrité et à la gloire), fameux mathématicien, logicien, philosophe et théologien. Célèbre pour le théorème de Bolzano et surtout celui de Bolzano-Weierstrass (théorème qui, comme chacun sait, donne une caractérisation séquentielle des espaces compacts).En ce qui nous concerne, Faaker See (et non Fucking See, comme certains le rêvent peut-être?), la Mecque des Bikers européens est un espace caractéristique compact sûrement plus motivant que les théorèmes cités précédemment.

Nous ne résistons pas au plaisir de faire un tour à Cortina d’Ampezzo, haut-lieu du ski sportif prisé par les bobos italiens (comme sa sœur Madonna di Campiglio). Route magnifique dans un cadre montagneux en faisant la boucle par la petite SS 48 à l’aller puis retour par la grand-route SS 41. Une mésaventure dans le convoi rendra nécessaire d’améliorer la procédure de retrouvailles en cas de fractionnement du convoi. A la demande de Julio et avant de quitter l’Italie, une bonne pizza dans la région de l’Alto-Adige appelé ainsi par les Italiens en général, mais aussi Sud-Tyrol par les habitants locaux très germanisés (toutes les indications sont en allemand et italien) et proches des Autrichiens.Achat de la vignette autoroute en Autriche, soit 10 € pour 10 jours pour chacun de nos destriers. Arrivée au Dorfhotel-Schönleitn, notre nid pour la semaine à Faaker See, vers 19h et 540 km.


Cortina d'Ampezzo


Déjà de nombreux bikers présents, mais surtout des professionnels qui travaillent à l’installation des stands dont l’ouverture officielle est prévue pour mardi soir. L’appartement est sympa, en bout de village ce qui signifie pas de bruit, mais aussi un WIFI de piètre qualité ! L’aménagement de l’appartement, qui occupe tout le premier étage du chalet, est plutôt riche avec 2 chambres, un vaste salon-SAM avec canapé-couchage pour deux, 2 sdb-wc et en cuisine, machine Nespresso avec quelques dosettes cadeaux, micro-ondes, couverts et vaisselle, le frigo avec jus de fruits et eau minérale. On est en confiance dans ce pays car aucun inventaire n’est fait à l’arrivée, aucune caution n’est demandée et à notre départ, nous sommes invités à mettre la clé dans une boite près de la réception sans plus de formalité !

Gross dîner à l’auberge du Dorfhotel avec son plat typique et pantagruélique à savoir le “grillplatt”, c'est-à-dire un grand plateau de diverses viandes et saucisses grillées avec plein de frites et à partager à plusieurs. Alain se singularise en demandant du vin ! En Carinthie, le menu typique est porc (dont le jarret grillé cuit à la bière) et patate, avec comme boisson la bière en mesure de demi-litre minimum.
La question de la subsistance, et surtout celle de la lutte contre la soif, avait été résolue lors de la préparation du voyage avec l’emport par chacun des bikers du groupe Moto Macho de bouteilles de bon vin (Bordeaux et Bourgogne), de Porto et d’alcool (Jack Daniel’s, whisky, vodka, etc).


J4 : Un peu de tourisme aux alentours

Tout d’abord le petit déjeuner pour ceux qui veulent le prendre sur place sans aller à l’auberge du Dorfhotel avec son buffet généreux et son prix qui l’est moins. Puis un peu de courses pour le ravitaillement, dont quelques dizaines de canettes de mousse pour la soif car Julius est inquiet.
Ensuite un tour des lacs environnants en commençant par celui de Faaker See, qui devient Harleywood pendant ces 5 jours et que découvre Bertrand, puis les lacs Ossiacher See et Worther See avec le site de Maria Worth et ses 2 églises, soit 100 km.


J5 : Aventure au Grossglockner

Le Grossglockner, qui culmine à 3798 mètres est le sommet le plus haut d’Autriche, mais aussi le nom d’un col avec une fameuse route dite Grossglockner Alpen Strasse, tracée dans les années 1930 et atteignant 2504 mètres au lieu-dit Hochtor.

Le guide local du tourisme pour bikers propose un tour du Grossglockner en passant par le col en mentionnant moins de 300 km, tout en oubliant de mentionner que ce kilométrage ne comprend pas l’AR pour atteindre le circuit du dit-tour, ce que nous découvrirons plus tard (avec plus de 400 km au compteur et avec un parcours raccourci !).
Départ vers 11h pour ce qui doit être une promenade. Le col d’Iselsberg avant le Grossglockner représente une bonne mise en matière, mais voici que nos GPS, à l’unisson, nous envoient vers une toute petite route pour atteindre Heiligenblut. Rien d’anormal car il faut passer par ce village. Un panneau sur la route indique :
“ gesperrt ”, mot de la langue teutonne que nous ne comprenons pas et qui ne nous inquiète pas.. Hélas, la route est effondrée juste à l’arrivée de Heiligenblut et impossible de passer, donc demi-tour et ainsi nous savons désormais que “gesperrt” signifie " fermé ”.

Une heure de perdue et nous nous consolons avec un bon repas. Puis repartons en direction du Grossglockner par une autre route, mais surprise, il y a un péage, soit 22 € par moto. Finalement comme il commence à faire tard et que le ciel semble menaçant, seuls Bertrand et San Bernardo décident de faire le col du Grossglockner, avec un tour au Kaiser-Franz-Josefs-Höhe, lieu appelé ainsi suite à la visite du Kaiser François-Joseph en 1856.

Ce site procure une vue tant sur le sommet du Grossglockner que sur le plus long glacier des Alpes orientales, le Pasterze ; il fait frisquet et la neige en bord de route témoigne du climat et de la température; d’ailleurs cette route est fermée l’hiver et la nuit en été. Après passage du Hochtor avec photos et achats de patchs commémoratifs, la descente vers Brück commence bien, mais soudain klaxon de Bertrand : son frein AR ne fonctionne plus. Arrêt d’urgence sur une petite aire en bord de route et le diagnostic est rapide: fuite au niveau de la sortie du maître-cylindre et chaque coup de pédale lui déclenche un orgasme. Nous décidons de descendre avec prudence et de rentrer via l’autoroute (gratuite ou plutôt déjà payée avec la vignette, mais le tunnel de cette autoroute est à péage, ce qui nous permet de comprendre les subtilités des indications autrichiennes, c’est à dire péage pour les tunnels et vignette pour les autoroutes). Un SMS à Julius afin de l’avertir de notre problème et de notre retour prudent. Nous passons à travers quelques ondées et Bertrand roule finalement sans problème avec une bonne maîtrise assurée par le frein AV. Arrivée vers 19h30 alors que le trio, bien installé dans le chalet, a déjà attaqué l’apéritif afin de lutter contre la déshydratation.

Ce soir, ce sera visite au village officiel Harley qui vient d’ouvrir et nous en profitons pour passer au stand Motodrome, qui assure, sur le site officiel Harley, les réparations d’urgence afin de planifier la prise de rdv pour le RK de Bertrand : en fait, c’est plutôt “ premier arrivé, premier servi ” dès le matin.
Ce stand présente aussi un Softail, dont les parties métalliques, telles que jantes, sont dorées à l’or fin, mais pas d’indication de prix !
Puis, dîner au village officiel avec jarret de porc grillé à la bière !

 

J6 : Repos, visite des stands et réparation du RK de Bertrand

Bien sûr, Faaker See est une grand-messe de la Motor Company, mais néanmoins, on note la forte présence de Victory, qui anime les shows de stunt au village d’Arneitz ! Quel changement alors que dans le passé, la Motor Company sponsorisait cet évènement ! Par ailleurs, toujours Victory, pour attirer les masses de bikers en recherche de culture et d’art propose du lap-dancing sur son stand ce soir-là. En fait, pas grand-monde et ce type de show, si il booste des montées d’hormones chez quelques bikers présents, ne doit pas avoir grand effet sur les ventes, car alors le métier de commercial chez Victory serait bien plus facile ! A côté du stand Victory, la gamme des Boss Hoss, énormes machines propulsées par un V8 Chevrolet de 5 litres de cylindré ou plus, soit plus de 300 chevaux pour les moins puissantes ! L'une d'entre elles affiche 865 Cv. Seulement 2 vitesses, la première jusqu’à 120 km/h et la seconde ensuite. Le poids de la machine, soit 500 kg “ à sec ”minimum est à l’image de ses caractéristiques.


Le RK de Bertrand est réparé et prêt en milieu d’après-midi et le diagnostic est confirmé : un joint défectueux, mais pas mal de main d’œuvre et la purge du circuit. Il est décidé qu’Alain et Confucius seront road captain demain pour une sortie moins longue que celle du Grossglockner.




J7 : Petite sortie en Italie avec saga GPS Garmin et Alain devient Road Captain 250 mètres « Captain 250 »


C’est une sortie en Italie au col de Monte Crocce, préparée la veille au soir par Confucius et Alain. Ce dernier avec son Garmin VIP de CVO Electra mène le convoi qui part du chalet. Après 250 mètres en ligne droite et au premier carrefour, l’écran du Garmin devient tout noir. Panique, essai de redémarrage, mais rien n’y fait et le Garmin a décidé de ne pas travailler ! Et Alain devient ainsi Road Captain 250 mètres ou "Captain250". Le problème vient apparemment du manque d’étanchéité du Garmin, ce qui est plus que surprenant pour un GPS de moto, vendu de plus avec le haut de gamme Harley, surtout si on compare au Tomtom de San Bernardo, “ de toute première génération et sans problème d’étanchéité à ce jour Confucius reprend les affaires en main, mais comme son GPS Tomtom a une autonomie limitée à sa batterie interne suite à une inversion de polarité sur son branchement à l’allume-cigare, ce sera la bonne vieille méthode, c'est-à-dire la carte et la liste des étapes sur une feuille de papier et cela ne tombe pas en panne ! 234 km tranquillos, sans problème et sans pluie.



Un bon dîner à la Harris Farm, fameux steak-house situé à Arneitz et recommandé par Julius, amateur de bonne et tendre chair, conclut cette journée mémorable pour Alain, surnommé “ Road Captain 250 mètres ” ou Captain250 !

Fin de soirée dans la grande tente blanche de l’infirmerie d’Arneitz avec soins palliatifs et médications liquides pour le trio “ Bertrand-Julius-San Bernardo ” alors que le duo Confucius et Alain Captain250 sont déjà partis au chalet. Mais la rentrée du trio au chalet se fait vers 1 h du matin sous une pluie battante, alors que nous n’avions rien prévu pour cela. Trois bikers trempés et à essorer rentrent au chalet alors qu’Alain et Confucius dorment tranquillement


J8 : Petite sortie en Slovénie avec Tomtom de Julius et San Bernardo

Départ vers 12h30, passage en Slovénie via le col de Wurzenpass, puis découverte de la montagne slovène via la route Vrsiska Cesta, puis Trenta, Soca avec un déjeuner dans une petite auberge-pizzeria locale et retour à Faaker See via Tarvisio en Italie. Sur le parcours dans la montagne slovène, les virages en épingles à cheveux sont tous revêtus de pavés, alors que les sections droites sont asphaltées, donc par temps de pluie, attention aux glissades!

Le dîner est au village officiel avec porc grillé type méchoui et comme boisson, la bière bien sûr ! Julius y oublie sur un banc son casque de parade, que nous retrouvons plus d’une heure après et à la même place. Une telle chose est-elle possible en France?

.Au menu de la soirée concert au village officiel, puis, pour une partie du groupe, toujours les trois mêmes étape au chapiteau des Hell’s Angels, qui y organisent des sessions de motivation pour bikers esseulés. Chaude ambiance où la timidité n’est pas de mise. Mais en rentrant au chalet, le trio oublie de fermer la porte à clé et vers 5h du matin, notre voisin du rdc, avec probablement un taux d’alcoolémie élevé, se trompe d’appartement, entre et pisse dans la sdb porte ouverte ce qui réveille notre fameux Road Captain « Captain250 » peu habitué à ces bruits de gouttières et ruissellements hors son pressoir et de son cellier. Puis l’intrus s’en va dans le salon-SAM, croyant être chez lui. Alain le voit et réveille Bertrand (les deux dorment dans le salon-SAM) et le lascar effrayé s’enfuit ! Le lendemain, après avoir diminué son taux d’alcoolémie, il vient s’excuser.

J9 : Parade, repos et achats

Repos général avec, au programme, des achats (dont un guidon et des rétros pour Julius) et autres vêtements avec un retour peu tardif pour préparer le départ du dimanche matin prévu aux aurores.
Le beau temps nous donne le loisir de tester dans l’après-midi sous le soleil la piscine du Dorfhotel, qui est entièrement fabriquée en inox (probablement pour résister aux conditions climatiques de montagne). Moments de relaxation dans une eau à plus de 25° alors que Confucius, qui nous rejoindra ensuite, et Captain250 sont partis photographier la parade du samedi, avec quelques dizaines de milliers de Harley.

Une des attractions est une évaluation en continu de la plastique féminine par un groupe de bikers munis d’un grand panneau “ show your tits ”, suivi par un panel d’autres bikers faisant office de jury et affichant des notes de 1 donc  à 5 soit .
Et le soir, dîner avec grillplatt et bière et aussi vins locaux pour satisfaire Captain250 !

 

Note du webmaster : suite à un pb avec mon appariel photo il n'y a aucune photo du retour

J10 : Retour étape n°1 sauf pour Bertrand qui rentre en direct sur Périgueux avec comme résultat un Cul Tanné 1515

Et donc, “ ite misa es ”, comme on disait en latin dans les temps anciens du catholicisme, c’est à dire “Partez, la messe est finie".


Lever vers 6h et Bertrand part le premier vers 6h30 à donf pour rallier Périgueux direct (ce qui est un parcours de Cul Tanné 1515) en oubliant son appareil photo que nous lui apporterons à Périgueux le surlendemain.
Pour le quatuor restant, départ vers 7h pour une étape vers le lac de Constance via la Alpen Strasse bavaroise (Berchtesgaden), puis un petit tour dans le Tyrol et Vorarlberg autrichiens, soit quelques 650 km, mais la moyenne sera assez proche des 50 km/h comme nous le constaterons à l’arrivée. Tout d’abord autoroute pour rejoindre le nord de l’Autriche à Salzbourg, puis cap sur Berchtesgaden avec un bon café sur la place du village où nous voyons les habitants se rendre à l’office dominical avec le costume traditionnel bavarois. Ensuite cap sur le nid d’aigle (repère bavarois d’Hitler, appelé Berghof), qui ne se visite que via un service de navette par bus. Nous ne passerons finalement qu’un peu plus d’une heure dans le centre de documentation qui parle plus de l’époque nazie et de ses atrocités que du Berghof lui-même.
Nous attaquons la fameuse Alpen Strasse bavaroise dans un cadre idyllique de montagne et lacs, le tout sous le soleil. On a presque envie de se baigner. Retour vers l’Autriche (St Anton) via l’autoroute, que nous quittons pour rejoindre Lech afin d’éviter le soporifique long tunnel (à péage bien sûr) qui mène au Lac de Constance et surtout pour emprunter une route de montagne dont 3 cols. A noter qu’ainsi nous évitons la Suisse et sa vignette annuelle pour les autoroutes.
Après plus d’une heure et demie de virages, Bregenz approche, mais avec un bouchon mahousse-costaud suite à la circulation alternée dans le petit tunnel qui mène à la rive nord du lac de Constance appelé aussi Lac de Bregenz ou Boden See selon que l’on se trouve en Suisse, Autriche ou en Allemagne (un peu comme le Lac Léman en France qui est le Lac de Genève en Suisse). Julius utilise alors la méthode française et nous remontons les files de voitures arrêtées, ce qui surprend dans ces pays si policés, mais permet de gagner du temps.
Arrivée à l’hôtel Bodensee Dreikonig de Hagnau vers 20h soit 659 km en 13h dont 11 sur la moto: certes, il y a eu l’arrêt à Berchtesgaden, mais les évaluations des temps de route en montagne par gloogloomaps sont assez optimistes et nous arrivons un peu fatigués. La bonne surprise est que le restaurant est aussi un steak-house avec une viande délicieuse. Après le repas, l’étape du lendemain est alors programmée avec soin et un peu raccourcie pour Beaune et l’hôtel Ibis “ la Ferme des Vins ” avec sa cave que connaît si bien Alain Captain250, plus à l’aise avec le vin qu’avec son GPS.
L’autre bonne surprise est un SMS de Bertrand qui nous fait part de son arrivée et de son kilométrage de plus de 1515 km et il devient ainsi le huitième Chevalier du Cul Tanné 1515.


J11 : Retour étape n°2 du Lac de Constance à Beaune via la Forêt Noire

Avec quelques 480 km, cette étape sera moitié route de petite montagne dans la Forêt Noire pour les amateurs de virolos et moitié autoroute pour les Electra. Néanmoins, si les paysages sont beaux en Forêt Noire, il ne s’agit pas de montagne à proprement parler, mais d’une topographie de type Jura atténué.
Arrivée vers 16h30 à Beaune à l’Ibis “ la Ferme aux Vins ”, donc tout un programme. Captain250 qui y avait séjourné une semaine plus tôt note une différence de prix de 20 € par chambre. Discussion avec la réceptionniste et nous comprenons que, chez Accor, c’est comme dans les avions le règne du “ yield management ”, c'est-à-dire que le prix varie avec le taux de remplissage de l’hôtel et comme il y a 2 bus d’américains, l’hôtel est presque plein. On négocie finalement une remise de 10 €. Puis, hop, au vu du beau temps, à la piscine, puis dîner avec le menu typique “ fondue à volonté ” (et volonté il y a !) le tout arrosé de vins locaux choisis avec l’expertise d’Alain "Captain250".


J12 : Retour étape n°3 de Beaune à Bordeaux

Etape de type “ cirage d’autoroute ” dans des conditions climatiques favorables et un déjeuner au bord du Doubs en sortant de l’autoroute, soit 700 km, ce qui fera un périple total de plus de 4800 km.

La video officielle de la Bike Week 2011

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Les petits cols pyrénéens de Moto Macho
Sans faux cols mais avec virolos

Après quelques petits runs déjà réalisés en cette première partie de l'année 2013 et surtout au vu des contraintes de chacun, ce sera donc un court programme d’été (3 jours) à caser entre les séjours des petits-enfants de l'un, les potes de l'autre, le chantier du troisième sans oublier le conseil de surveillance de la quatrième. Mais ce sera intense avec une série de cols pyrénéens concoctée aux petits oignons par San Bernardo avec la participation de Julius.
Avec leurs nouvelles couleurs dans le dos, Julius et San Bernardo assureront alternativement les fonctions de roadcaptain. Confucius se contentera de piloter, de manger et de dormir et Neuronette, «la secretaria», prendra en charge les aspects culturels et parfois aussi cultuels (visite d’églises et monastères): nous reviendrons donc moins ignares qu’au départ, mais il y aura encore de la marge de progression!!


Samedi 18 août 2013 de Bordeaux à Licq-Atherey avec quelques 420 km via 9 cols

Après un premier regroupement en trio à Mérignac (Julius, Neuronette et San Bernardo), le quatuor se forme avec l’arrivée de Confucius à l'aire de repos des Landes située après le péage de St Selve sur l'autoroute A62 Bordeaux -Toulouse. Après une descente rapidos type chevauchée des Walkyries (et aussi de ceux que ne rient pas ...) jusqu’à Mont-de-Marsan par l’autoroute et bifurcation vers Navarrenx, nous contournons les fortifications par la droite, filons sur Montcayolle puis à l’Hôpital-St-Blaise. Ensuite, nous prenons la petite route sinueuse pour le village de Barcus et le petit col de Sustary, le premier de cette journée et de la série avant d’entrer dans Tardets.
A Tardets, les affaires sérieuses doivent théoriquement commencer sans tarder en partant plein sud vers les Pyrénées et plus précisément Larrau mais point de station essence; or nos destriers ont soif depuis le départ de Bordeaux. Il nous faut rebrousser chemin pour trouver finalement à Tardets, mais au nord sortie Mauléon, la seule station avant la frontière. S’il y a des déserts médicaux, il y a aussi des déserts de stations essence! Après avoir rassasié nos destriers, nous passons à Licq-Atherey devant ce qui sera notre hôtel de cette nuit, mais avanti, car les virolos nous attendent. Nous attaquons avec le col d’Erroymendi, puis le col de Larrau et descente vers l’Espagne. Les paysages sont époustouflants, la route est bonne, le ciel est bleu, nous virevoltons dans les virages, nos valeureux destriers raclent un peu le macadam avec un râle de bonheur dans la partie centrale des virages et se relèvent fiers lors de l’accélération de sortie de virage: que du bonheur!
Puis cap à Ochagavia pour ensuite filer plein ouest. Notre recherche d’un lieu de restauration nous amène dans un petit restaurant à Escaroz et son menu à 14€ avec surtout son jarret de porc confit, spécialité locale. Après ces agapes, ce sera le petit col de Remendia (dit Alto de Remendia) sur la route vers Burguete (Auritz en basque), puis le fameux col de Roncevaux (Ibañeta en espagnol) où se déroula la tragédie de Roland. La route est superbe avec un revêtement impeccable, au moins côté espagnol, puis descente par Valcarlos (en mémoire de Charlemagne) et arrivée à St Jean-Pied-de-Port, étape mythique du chemin de St Jacques de Compostelle.

 


Col de Larrau


Cap à l’est dans la forêt d’Iraty et ses cols de Haltza, Burdincurutcheta, Heguichouri et finalement Bagargui, où se trouve le village des chalets d’Iraty ainsi qu’un bar-restaurant-épicerie avec une terrasse qui propose un point de vue panoramique sur la vallée.
Puis descente vers Larrau et enfin vers 18h30, arrivée à notre hôtel habituel, «chez Bouchet», famille du mythique Sauveur Bouchet, créateur du Rallye des Cimes dont la première édition eut lieu en 1947 avec des Jeeps Willis et où nos valeureuses montures ont droit au garage privé des propriétaires comme d'habitude. Nous notons qu'un autre client en béhèèèèèèème n’eut point droit à ces égards et que sa bécane resta sur le parking.
Une petite demi-heure dans la piscine pour se relaxer, puis comme nous ne sommes point ermites, la gastronomie locale est de la partie. San Bernardo se laisse convaincre par un confit de canard alors que le trio restant sera plus sage avec un rôti de veau. Le vin, un Madiran choisi par Confucius, s’avère plutôt moyen. Le dessert, en fait un gâteau basque, comble ce qu’il y a encore de vide dans nos estomacs.


9 cols dans un mouchoir de poche


Dimanche 19 août 2013 de Licq-Atherey à Sos del Rey Catolico avec quelque 230 km via 9 cols

En fait, le chemin qui fut réalisé ne correspondait pas à celui prévu, car nos GPS, enfin celui du roadcaptain de service, Julius, nous emmène à Larrau au lieu d’aller vers Ste Engrâce et la Pierre St Martin. En entrant un point intermédiaire trop éloigné du point de départ, la bêbête GPS nous y amène par le chemin le plus rapide et parfois cela se concrétise avec comme résultat un itinéraire qui ne correspond pas à celui prévu dans le roadbook. Neuronette, qui a intégré tout gloogloo map dans son pentium triple core cérébral le remarque assez vite mais bien sagement ne dit rien. Nous nous rendons compte de la méprise au col de Erroymendi et donc bien après la traversée du village de Larrau. Il est vrai que nous appliquons la règle d’or « suivre le roadcaptain », quoiqu’il fasse sauf par exemple s’il décide d’entrer en enfer... Nous décidons alors de recomposer le run en poursuivant vers le sud pour faire un retour vers la France via la vallée de Belagua puis retour sur l’Espagne via le col du Somport. Cela n’en sera finalement que du bénéfice. D’ailleurs GPS signifie «Garmin Plante Souvent» et nos Tomtom riders souscrivent aussi à ce dicton.
Et donc après les cols d'Erroymendi et Larrau, déjà visités la veille, cap à l’est vers Isaba pour remonter la vallée de Belagua, dite aussi vallée de Roncal (également nom d’un fromage local de brebis) avec une route fantastique et arrivée en France par le col d'Eraice, puis ceux de la Pierre St Martin et du Soudet. Soudain dans la descente juste après ce dernier col, route barrée suite à une compétition de montée de côte à moto (celui qui va le plus haut a gagné). De fait, ce sera mieux ainsi car au lieu de descendre jusqu'à Aramits, nous prenons à droite une toute petite route, assez étroite, D441, pour rejoindre la vallée d’Aspe via le col de Labays, puis de Bouesou. Le temps est toujours avec nous et les paysages de cette route pittoresque (indiquée à cet effet en vert sur les cartes de Bibendum) nous font oublier la qualité moins que moyenne du revêtement de la chaussée.

Une fois sur la nationale N114 à Port d’Esquit, montée vers le Somport par la fameuse route de la vallée d’Aspe qui traverse tous les petits villages en longeant la vieille voie de chemin de fer, aujourd’hui démantelée et que les écolos veulent ressusciter avec un trafic de ferroutage alors que d’autres veulent construire une autoroute ; ce qui est clair, c’est que le trafic de camions indispose les populations locales de cette vallée. Pour cette fois nous empruntons le tunnel, car il nous faut ne point tarder pour que Neuronette puisse visiter le village de Sos del Rey Alcolico (euh…. non Sos del  Rey Catolico bien sûr, encore que ce roi eût peut-être aussi un bon gosier à rafraîchir et que l’un n’empêche point l’autre ?).
Puis Jaca et un petit détour au Monastère de San Juan de la Peña, par la route sud dégueulasse, à la demande assez étrange de Julius, pourtant peu porté sur les bondieuseries et autres affaires de grenouilles de bénitiers. Un bon repas de pizzas (Julius adore les pizzas, mais il ne pouvait point savoir que la gargote de ce monastère dispensait des pizzas) dans un site champêtre et boisé devant le monastère fermé aux visiteurs et cela tombe bien, car nous n’avions pas vraiment envie de le visiter. Puis retour sur la route N240 (N de Navarra et non de national) par l’accès ouest d’excellente qualité de revêtement, puis Berdun. Nos GPS nous emmènent ensuite à Sos du roi alcoolique par le chemin le plus rapide en théorie, c'est-à-dire en pratique le plus mauvais en contournant le lac artificiel de Yesa (appelé aussi mer des Pyrénées) par le sud. La route de demain confirmera qu’il est préférable de longer ce lac par la rive nord et pour ceux qui aiment paysage et virolos, ne pas prendre l’autovia certes gratuite, mais l’excellente route du bord du lac.

Nouveau monastère de San Juan de la Peña


Ancien monastère de San Juan de la Peña

Mais revenons à l’option de nos GPS, et donc route dégueulasse de dégueulasse et enfin arrivée au Parador de Sos, où les règles de l’hospitalité ont changé. Le droit au garage gratuit pour les heureux membres de la confrérie de la carte de fidélité «Amigos de Paradores» n’est plus d’actualité, crise oblige, et nous devrons nous acquitter de 14€ pour une place de caisse (ce qui suffit pour nos quatre Harleys). Par contre, le pot de bienvenue avec un verre de vin est toujours en vigueur!
Bonne douche, car point de piscine puis buvette (et non beuverie) pour les trois Moto-Machos à la terrasse du Parador pendant que Neuronette s’en va dans le vieux village médiéval de Sos s’instruire, guide à la main, pour nous instruire ensuite comme le ferait une maîtresse d’école. C’est ainsi que nous apprenons à son retour que Sos signifie «Sancti Oppidum Stephani”, c’est-à-dire place forte de San Esteban, ce qui dans ce cas précis est tout à fait exact (et non «save our souls», message morse plus adapté au Titanic). Et puis en pâture, nous sommes invité par notre chère Neuronette à méditer une courte réflexion avec la phrase qui figure justement sur la façade de l’église San Esteban : “les hommes rendront rigoureusement compte de toute parole vaine”. Je vous laisse philosopher sur cette citation ….

Nous passons à la session gastronomie avec le menu local, dit «Cinco Villas», du nom du restaurant du Parador et aussi de cette zone, avec des assiettes bien remplies, dont «las migas del pastor» comme entrée, plat typique populaire et peu cher (qui signifie mies du berger) décliné dans plusieurs régions espagnoles selon leur recette locale. En Aragon, il est composé de mies de pain grillé avec œuf frit, lard et jambon, huile d’olive, le tout servi avec piment piquant, morcilla (boudin noir avec riz), chorizo, grains de raisin, etc …. Et dans notre cas servi avec un pinard local de Somontano très correct. Julius et San Bernardo se laissent convaincre pour le plat principal par «pluma de cerdo ibérico», c’est-à-dire dos de cochon ibérique sauvage dit aussi pata negra pour ses pattes noires.

Et aussi un peu de travail, car il nous faut aussi préparer l’étape du lendemain et donc du retour, avec une visite au Monastère de San Salvador de Leyre, autre objectif culturel et cultuel de Neuronette.


Migas del pastor


230 km et encore 9 cols sous le soleil

 

Lundi 20 août 2013 avec 430 km et un dernier mais fameux col, le Somport

Après une bonne nuit et un bon petit déjeuner avec le buffet abondamment garni du Parador, cap au nord et montée vers le monastère roman de Leyre construit au XIème siècle , qui après presque 150 ans d’abandon, a été totalement réhabilité et héberge une communauté de 19 moines bénédictins.

Monastère de Leyre


Donc, porche, tympan, église, ruines restantes du cloître, crypte ; Neuronette nous berce avec la description de toutes les statues, bas-reliefs, construction & modifications & reconstruction au cours des âges, détails architecturaux et historiques  … C’est ainsi que nous apprenons que Jonas et la baleine sont présents sur le tympan de l’entrée de l’église et Julius nous montre aussi une autre baleine, bien vivante celle-là, sur le perron de la même église, ah!!! comme cela est politiquement incorrect!!
Puis nous reprenons la route pour le Somport, mais sans tunnel c’est-à-dire via Candanchu, station de ski espagnole, où, paraît-il, le roi Juan Carlos aurait skié dans sa jeunesse. La route côté espagnol est large avec de grandes courbes, mais est étroite avec des virages serrés côté France: il est donc préférable de monter côté français et descendre côté espagnol, ce que nous fîmes hier.


Le ciel se charge et la pluie arrive avec force : Neuronette et Confucius bâchent selon l’expression consacrée (c’est-à-dire mettent leurs vêtements de pluie). La recherche d’un lieu de restauration s’avère hardie, car c’est lundi et tout est fermé. Finalement vers 13h30, le Bristol à Oloron-Ste-Marie nous accueille avec son menu du jour, dont bien entendu la garbure.
Entre temps, la pluie s’est arrêtée et nous reprenons la route, puis l’autoroute pour regagner nos pénates respectifs.
En conclusion, 19 cols et 1080 km en trois jours et aussi un bon petit exercice qui est conseillé pour éviter les pneus carrés des cireurs d’autoroute….
Autre conclusion en rapport avec la qualité des routes qui est souvent meilleure côté espagnol : monter le col en France et le descendre en Espagne.

minute culturelle (entre deux bières)

Chrisme vu dans la crypte du monastère de Leyre

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